Je me suis sentie profondément libre

Je reviens du brunch de Pâques familial.  Il y a du traffic sur la 15 Sud.  Je prends une route de côté.  Il fait soleil, j’écoute ma musique préférée, je décide de passer par le Mont-Royal pour revenir à la maison, je chante, c’est vivant dehors, je me sens heureuse.

Puis je me suis mise à songer à mes parents, décédés il y aura bientôt 6 ans. Mon père était un homme angoissé, ma mère veillait sur lui.  Tel a été, selon ma vision, leur scénario de vie.  Moi, je vivais en-dehors d’eux, je cherchais toujours à aller ailleurs.  Et je suis sentie jugée et coupable toute ma vie d’être différente, d’avoir une vie différente, d’avoir des goûts différents, d’avoir un mode de vie différent.  Jusqu’à cet après-midi !  Cet après-midi, j’ai réalisé que je suis OK d’être différente et que je n’aurais jamais été et ne serai jamais capable d’être conforme à leur mode de vie.

Et, tout à coup, cet après-midi, je me suis sentie profondément OK, sous toutes les coutures, et je me suis sentie privilégiée de me sentir libre.

J’arrive bientôt à la maison.  J’ai trop mangé aujourd’hui, je pars en voyage dans 2 semaines, je veux avoir plus d’énergie, je me dis que je vais faire très attention à ma nourriture jusqu’à mon départ… à compter de demain… comme toujours.  Je suis à un carrefour où j’ai le choix entre tourner à droite vers mon restaurant italien préféré pour me «clancher» un bon spaghetti sauce viande, ou tourner à gauche et m’en aller chez-moi.  Pour la première fois de ma vie, la décision a été facile à prendre:  je préfère m’en aller à la maison et marcher un peu dehors.  Et je réalise alors que ce n’était même pas une décision, ça été un choix spontané, libre !

Et j’ai ressenti à nouveau ce sentiment de profonde liberté.  Je me suis rendu compte que je suis libre, libre de cet état mi-compensatoire mi-autodestructeur qui me pousse à aller manger… pour la dernière fois… avant de devoir me-priver-pour-le-reste-de-mes-jours de ce qui me procure un time-out (en effet, «aller manger» est une manière pour moi de me donner un time-out, de me retirer du monde pendant un instant pour me détendre).

C’est comme si l’énergie auto-destructive en moi s’est évanouie !

Et je suis allée marcher… marcher pour marcher, pour sentir ma vivance, pour profiter de ma capacité de marcher.

Et je n’ai aucune envie de «manger» en ce moment.

Nicole

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